Yamaha R6,

l 'évadée des circuitscomme quoi, avec une béquille d'atelier, la R6 respire l'ambiance des paddocks

 

 

yamaha R6 modele 2001« C’est un missile ». J’ai souvent entendu ça, mais sans y croire vraiment. Du coup, c'est parti pour un essai. Dès le premier regard, la petite bombe de Yamaha en impose par son look racé et son gabarit, proche d’une 250 de GP. La position est naturelle malgré des bracelets très bas, et étonnant, elle est même confortable. Je n’ai pas l’impression de tenir l’axe de roue avant comme sur la CBR 600 RR ni d’être cassé en deux morceaux. Le moteur s’éveille dans un feulement de chaton, mais attention, cette brêle est un démon. Le trajet urbain se montre agréable, l’assise est souple et je n’ai pas les poignets endoloris. Je profite de la gniaque du moteur pour envoyer du « bois » entre deux feux, un régal. Contrairement aux préjugés, elle envoie un paquet de watts même sous 8000 tr/min sur les deux premiers rapports. C’est pas le Pérou, mais suffisant pour partir en wheeling sur la première sans toucher à l’embrayage. L’autoroute en vue, je vais voir ce qu’elle a dans le ventre. Descente d’un rapport, je visse l’accélérateur à toc, et là, tout change. Passée 10.000 tr/min, l’aiguille du compte tours bondit violemment jusqu’à la zone rouge à 15.550 tr/min dans un hurlement à réveiller les morts et faire bander le pilote. Sans faiblir jusqu’au rupteur, elle ne semble jamais vouloir s’arrêter de hurler, elle aime ça et en redemande.

Dans son élément

La R6 adore les courbes et l'essorage de la poignée La première sortie m’amène sur une route de campagne que je connais parfaitement. Pas de képis, gaz… Je suis catapulté à l’entrée d’un virage, à l’autre bout de la ligne droite qui me semblait pourtant longue. « Putain ça passe pas » me dis-je. Réflexe du condamné, je pousse sur le guidon, la moto se couche, et passe sans broncher. Sa facilité est hallucinante, j’ai à peine l’impression d’être intervenu pendant les deux dernières secondes. J’ai simplement fixé le point où je devais aller pour survivre et comme par miracle, j’y suis. La série de virolos qui suit devient un jeu d’enfant. Avec un empattement très court et des suspensions qui travaillent remarquablement, elle est vive comme l’éclair. On dirait même que sa sportivité n’a pas de limites tant elle freine fort. J’envoie pleins gaz avant le gauche du fond… Freinage sur l’angle, je rentre deux rapports, la moto se met en glisse… un petit déhanché à la Doohan… Ça passe encore une fois. « Un jouet », facile, hyper efficace, elle avale tout sans encombre, mais réagit parfois avec brutalité sur les bosses. Il faudrait un amortisseur de direction pour l’adoucir. Je suis dans la peau de Valentino Rossi sauf que je ne domine rien, c’est elle qui m’emmène. Maintenant je les crois ce qui disent « C’est une machine de fou ». Mais attention, son comportement violent risque de déstabiliser les débutants en sportive. Et même, pour les avertis, un petit stage de pilotage semble nécessaire.


Rubina

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